L’aménagement de toiture terrasse en Wild Roof et Brown Roof

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Brown Roof

« Wild Roof » et « Brown Roof », de quoi s’agit-il ?

Ces techniques d’aménagement visent à maximiser les conditions de reproduction, de nourrissage et de nidification des cortèges d’insectes et d’oiseaux des milieux ouverts.

De récentes études (GROOVES) démontrent que les traditionnelles toitures végétales extensives et homogènes en termes de faciès (toitures uniformes plates) et d’essences (généralement des Orpins ou Sedums) présentent finalement un faible intérêt pour la biodiversité. Et c’est là que les « wild » et « brown roof » deviennent intéressants.  

Derrière le concept du « wild roof », il s’agit de concevoir des toitures qui sont d’abord fonctionnelles pour les espèces cibles avec principalement des ressources en nourriture (plantes mellifères, bois mort, abreuvoir, graines, etc) et des refuges (sable pour bourgades de pollinisateurs sauvages, souches, nichoirs, etc).

Quant au concept du « brown roof », il s’agit de réaliser une diversité de nature de sols ainsi que de varier leurs épaisseurs. Aucune essence végétale n’est plantée ou semée. Il s’agit d’un observatoire de la flore rudérale spontanée (qui pousse dans un milieu anthropisé) : graines portées par le vent (anémochorie) ou par les animaux (zoochorie). Les plantes poussent d’elles-mêmes et s’adaptent naturellement aux conditions créées. La variété de physionomie de ces associations induit un potentiel de diversité de la flore spontanée plus important tant en diversité spécifique qu’en diversité génétique.

En résumé, les paramètres de conception de ce type de toiture en faveur de la biodiversité comprennent :

  • La variété des hauteurs et des pentes du toit
  • La mise en place de zones différenciées, notamment au regard de l’humidité et du vent
  • L’introduction de zones d’ombre et de lumière
  • La constitution de buttes et de microreliefs créant ainsi des profondeurs variées
  • L’apport de substrat de granulométrie (formes et taille des grains) et de poids différents qui permettent d’offrir différents refuges à différentes espèces
  • L’apport de bois mort, de roches et autres matériaux naturels

Mise en application directe

Chez Sinteo, nos écologues travaillent actuellement sur une opération mettant en application directe ces prescriptions : le projet d’Altarea Innolin à Mérignac, qui accueillera prochainement les équipes de Groupama. Les toitures d’Innolin suivent donc le principe du « wild roof » et du « brown roof » avec notamment la mise en place de deux mares en toiture. L’avantage de ces aménagements, outre le potentiel d’accueil de la biodiversité beaucoup plus riche qu’une toiture végétalisée traditionnelle, réside dans son autogestion : aucun entretien requis, l’arrosage n’est pas non plus nécessaire, ces espaces de biodiversité se rapprochant le plus du fonctionnement d’un écosystème, sans intervention de l’Homme.

En revanche, il faudra s’armer de patience pour obtenir un espace végétalisé. C’est le travail naturel des oiseaux, du vent et autres insectes qui permettra le développement de différentes strates végétales au fil du temps : racinaire, muscinale, herbacée basse, herbacée haute et arbustive.

À noter qu’il s’agit aussi d’un moyen de recycler une partie des matériaux sur un site existant dans le cadre d’une restructuration : les différents substrats de type brique concassée, sable ou gravier s’intègreront parfaitement pour la création du brown roof.

En somme, même si la mise en place de ces wild et brown roof n’est pas la plus esthétique en début d’exploitation, nos écologues la privilégient à une toiture végétalisée traditionnelle qui aura nettement mois d’impact positif sur la biodiversité locale au cœur du projet. De plus, une toiture wild et/ou brown roof est beaucoup plus naturelle et résiliente qu’un espace vert créé par l’Homme (absence de modules plastiques et autres objets industrialisés).

Aussi, afin de répondre à la fois aux attentes des maîtrises d’ouvrage et de tendre vers une renaturation du site, nos écologues préconisent de combiner les 2 solutions que sont la mise en place d’une toiture végétalisée verdoyante pour répondre à l’intérêt esthétique d’un site sur les terrasses exposées aux vues et de travailler sur la végétalisation sauvage et spontanée sur les toitures moins visibles. Cependant, comme sur le projet Innolin, les équipes d’architectes et paysagistes auront pris un malin plaisir à créer un plan masse avec un wild/brown roof au tracé géométrique et torsadé, dont l’esthétique est également intéressante ! L’évolution de ces toitures fait l’objet d’un suivi scientifique et les prochaines images par drones devraient nous permettre de suivre l’évolution du milieu.

Affaire à suivre !